W. Robert Wightman, Nancy M. Wightman. The Land Between: Northwestern Ontario Resource Development, 1800 to the 1990s. Toronto: University of Toronto Press, 1997. 566 pp. $75.00 (cloth), ISBN 978-0-8020-0937-1.
Reviewed by Guy Gaudreau (Department d'histoire, Universite Laurentienne, Sudbury, Ontario P3E 2C6)
Published on H-Canada (September, 1999)
Ce livre est l'oeuvre de deux historiens non universitaires passionnes d'histoire locale. Il s'appuie sur une solide consultation des archives provinciales de meme que sur une large gamme de journaux locaux. Les auteurs ont voulu cerner l'evolution regionale de toutes les ressources: agricoles, fauniques, forestieres, minieres, recreatives, hydroelectriques. Meme la peche commerciale, ressource negligee par les recherches historiques, n'a pas ete oubliee. Nous les remercions d'ailleurs d'avoir souligne cette carence historiographique que leur etude d'un territoire englobant le lac Superieur rend evidente. Cinq chapitres qui constituent autant de periodes de l'histoire regionale structurent l'ouvrage. Les annees 1850, 1890, 1930 et 1950 servent de charnieres.
On y compte pres de 2000 notes qui feront les delices des chercheurs desireux d'approfondir certains details. Dommage que ces notes aient ete portees a la fin de l'ouvrage. Decidement les editeurs ne sont pas interesses a ce que le lecteur profite pleinement de ces indispensables references! Pour paraphraser Ciceron: Usquequo tandem, Editoria, abutere patentia nostra!
En revanche, de jolies cartes, 19 au total, et pres de 50 tableaux synthetisent en partie une information qui reste par ailleurs touffue dans le texte. Les auteurs n'ont pas lesine sur les details et l'index permettra d'en debusquer plus d'un.
Ils en ont toutefois beaucoup abuse. Ils s'arretent sur tellement d'arbres qu'ils ont perdu de vue la foret et le reproche principal qu'on peut leur adresser reste ce manque de problematique qui aurait pu servir de fil conducteur. Retenant comme structure un decoupage chronologique, chaque chapitre dresse sommairement l'evolution de toutes les ressources, avec chacune sa logique et son rythme de croissance; l'unite du chapitre en souffre toujours. C'est pourquoi il faut un certain temps au lecteur pour s'habituer a ces ruptures parfois deroutantes.
Et ce n'est pas le cadre geographique retenu qui aurait pu insuffler une coherence au texte. En effet, le Nord-Ouest ontarien, tel que presente, est une creation administrative largement artificielle. Du lac des Bois jusqu'a Sault-Sainte-Marie, on compte plusieurs sous-regions, meme si le territoire de la Baie d'Hudson a ete exclu. Je n'ai pas ete convaincu de ce choix: Sault-Sainte-Marie ne fait pas plus partie du Nord-Ouest que du Nord-Est. Comme les auteurs le mentionnent eux-memes, c'est seulement en 1960 que la route longeant la rive nord du lac Superieur est completee. Quelle est la specificite du Nord-Ouest?
Une periode nous est apparue mieux decrite que les autres: celles des annees 1930. Les auteurs affirment que le Nord-Ouest a alors evolue differemment de l'ensemble ontarien, voire nord-ontarien (p. 216). Cette mise en perspective de l'histoire de la region, largement negligee dans les autres chapitres, pique la curiosite. Ainsi le developpement des activites agricoles n'aurait pas ete aussi catastrophique qu'on l'aurait cru, tant en termes de nombre de terres agricoles que d'acres en culture. Nous avons retenu cette invitation a reexaminer la question pour l'ensemble du Nord ontarien. Quant aux activites touristiques, elles auraient deja atteint, grace aux visiteurs americains des proportions etonnantes.
Deux secteurs nous semblent mal presentes tout le long de l'ouvrage et ce, pour des motifs differents. En effet, le developpement des activites minieres et forestieres nous a laisse sur notre faim. Les premieres manquent de vue d'ensemble. A l'inverse des autres ressources, on ne parvient pas a situer les principales donnees du secteur. On comprend mal que la source principale retenue ait ete le Northern Miner, qui aurait du etre complete par l'incontournable rapport annuel du ministere des Mines de l'Ontario. Ils y auraient trouve la liste des societes minieres, leur production annuelle, les dividendes verses, etc.
S'agissant des activites forestieres, veritable poumon du Nord-Ouest, l'accent a ete mis sur les papetieres, sans tenir compte des autres intervenants. Les concessions papetieres (pulpwood concession) sont largement decrites, mais on neglige malheureusement les autres concessionnaires forestiers. Le Registre des concessions forestieres est pourtant facilement accessible puisqu'il a ete microfilme; il decrit la chaine des titres de toutes les concessions forestieres ontariennes. Une meilleure connaissance des droits complementaires des papetieres et des entreprises de sciage aurait ete tres utile. Rappelons que depuis 1892 le gouvernement de l'Ontario a decide d'accorder, pour les nouvelles concessions, des permis de coupe paralleles selon les essences de sorte qu'on puisse en attribuer a des entreprises de sciage tout en accordant d'autres permis de coupe aux papetieres sur les memes cantons. Ce reglement, capital pour l'acceleration du developpement de l'industrie papetiere en Ontario, clarifie la question du droit des entreprises de sciage. Sa connaissance aurait evite aux auteurs de presenter comme sous-traitants (contractor) des individus qui sont en fait de veritables concessionnaires avec des droits exclusifs d'exploiter les essences de bois de sciage. C'est le cas de l'entreprise Austin & Nicholson (p. 235) que nous connaissons pour avoir ete active dans le district de Sudbury. Les veritables sous-traitants responsables de ces nombreuses coupes restent encore largement inconnus.
Autre reproche: l'inclusion de l'histoire des villes et de ses habitants trop brievement esquissee. Certes, le developpement des ressources a servi de moteur a leur developpement. Mais la dichotomie ville-campagne n'embrasse qu'un volet de la realite urbaine. La ville reste une entite beaucoup plus complexe de sorte que plusieurs mecanismes veillant a son evolution auraient du etre scrutes. Pensons notamment aux differents processus migratoires, aux politiques d'embauche des grandes entreprises qui favorisent, par exemple, certaines ethnies, a l'evolution de la structure d'age des populations, aux politiques gouvernementales. Mieux aurait valu eviter le sujet et se contenter d'une evolution generale de la population, en completant celle de la population rurale et urbaine de donnees selon le sexe, l'age, l'ethnicite, l'occupation.
En depit de ces reserves, l'ouvrage comble un grand vide qui invite a la reflexion sur l'histoire du Nord ontarien. Le lecteur y trouvera une foule d'informations et notamment sur les annees recentes.
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Citation:
Guy Gaudreau. Review of Wightman, W. Robert; Wightman, Nancy M., The Land Between: Northwestern Ontario Resource Development, 1800 to the 1990s.
H-Canada, H-Net Reviews.
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